Les matériaux d’incrustations et de marqueterie

par Catherine AUGUSTE
et la collaboration de

Céline Dubord
du site québécois
 
Institut Québécois d’Ebénisterie


marqueterie de loupe d'amboine et ivoire
Jacques-Emile Ruhlmann, 1920

Il ne s’agit nullement d’une liste exhaustive ; celle-ci constituerait un travail de recherche laborieux et quasi infini tant la diversité des matériaux d’incrustations et de marqueterie est grande. Cet impossible recensement est dû à plusieurs facteurs :

1/ Les modes, les goûts, les styles ont fait apparaître de nouveaux produits ou une nouvelle manière de les utiliser pour les intégrer dans le mobilier : on pense à l’écaille de tortue dans la marqueterie du mobilier de André Charles Boulle au XVIIe siècle. Mais aujourd’hui où tout est permis car le style n’existe plus, comment peut-on recenser les multiples produits marquetés, incrustés, intégrés comme l’électronique, les différents métaux, les cartons ou autres matières périssables, les textiles présents dans le mobilier contemporain ?

2/ Les contraintes commerciales ont bénéficié de l’apparition de nouvelles technologies pour la recherche de substituts : ainsi la réglementation de la vente de l’ivoire a incité le développement de matières plastiques à la fin du XIXe siècle dans ce temps où l’industrie chimique avançait à grands pas.

Au sommaire :
Les matériaux d’incrustations et de marqueterie
Réglementation de commerce de certains matériaux (Convention de Washington)
Quelques définitions
Livres à lire
Visites à faire et sites à voir 

 

Les matériaux d’incrustations et de marqueterie

 

L’écaille de tortue

Les plus belles écailles de tortue et les plus rares proviennent de la tortue Eretmochelys imbricata appelée communément caret qui vit dans les eaux chaudes. C’est une matière noble, fascinante par ses nombreux reflets variant du miel au brun foncé et sa transparence qui est utilisée depuis l’Antiquité. Sa réputation est également due à sa transparence et à ses multiples possibilités de transformation. En France, c’est dans l’ameublement de Louis XIV que l’on trouve sa plus grande utilisation, en particulier avec les meubles de l’ébéniste André-Charles Boulle. Les meubles « Boulle » qui reprennent les motifs de Bérain sont plaqués de métal et d’écaille teintée soit par des colles ou par l’application sur un support peint en jouant de la transparence de l’écaille.

Le laiton

Connu depuis l’Antiquité, le laiton est un alliage de cuivre et de zinc dans des proportions variables. On l’appelle « cuivre jaune » ce qui montre à quel point on peut le confondre avec le cuivre. Il compose souvent les galeries entourant les plateaux des guéridons mais sert aussi en application de fines plaques des marqueteries Boulle.


emploi de bronzes dorés, marqueterie d'écaille de tortue
et de laiton pour les rinceaux à la manière d'André-Charles Boulle

L’étain

Extrait des mines stannifères de différentes régions du monde, l'étain est considéré comme un métal précieux dans les premières civilisations. Il a servi dans la fabrication d’objets utilitaires ainsi que comme applique sur des meubles en remplacement de l'argent, et notamment dans les marqueteries Boulle du XVIIe siècle.

La paille

La paille, généralement de seigle, est teintée et tressée avant d’être employée dans la fabrication des sièges. Il existe une autre utilisation de la paille : la marqueterie de paille. Il s’agit d’une tradition française qui remonte au XVIIIe siècle. La technique ressemble à la marqueterie de bois : collage sur papier, découpe du fond et remise du motif à sa place. Au XVIIIe siècle on produisait surtout des étuis, des coffrets ou des petits meubles. Dans les années 1940-1950, André Groult renoue avec cette tradition en créant des meubles très raffinés avec ce petit brin de paille.

L'ivoire

Il s’agit d’une substance blanche, dure et au grain serré qui constitue la matière principale des dents et des défenses d’animaux comme le morse, le rhinocéros ou l’éléphant. Mais l’appellation « ivoire » s’applique aux seules défenses d’éléphants. L’ivoire a toujours été un matériau précieux. L’ivoire se travaille comme le bois et comme lui se rétracte en séchant. Ses teintes sont inégales et peuvent varier dans le temps et selon la provenance : l’ivoire peut jaunir, se patiner d’un brun roux ou même blanchir. L’art de l’ivoire est déjà florissant dans la France du XIe siècle. Il apparaît dans les marqueteries des cabinets du XVIIe siècle en fines plaques gravées incrustées dans l’ébène.
En raison de son origine animale, l’exploitation de l’ivoire constitue une véritable menace pour les espèces productrices. Son utilisation dans les métiers d’art n’est pas interdite mais aujourd’hui elle est soumise à réglementation.

L’ivoire de mammouth

Il fait partie des substituts de l’ivoire d’éléphant. C’est l’ivoire fossile. Il provient de Sibérie, sa disponibilité est faible, son prix élevé, mais son commerce n’est pas encore réglementé.

L’ivoire végétal, tagua ou corozo

Il provient de l’albumen du fruit du palmier à ivoire Phytelephas (littéralement éléphants végétaux) qui pousse dans les forêts amazoniennes. Avant de mûrir, le fruit contient un lait sucré (albumen). En durcissant, il devient l’ivoire végétal, la graine, que l’on appelle tagua ou corozo. Un arbre produit à peu près 20 kg de graines par an soit à peu près le poids des défenses d’un éléphant de 6 tonnes.
Ce sont les Espagnols qui les premiers découvriront l’ivoire végétal à la fin du XVIIIe siècle. Le commerce va s’établir avec l’Europe pour la fabrication de boutons et de petits objets et remporter un vif succès jusqu’à l’arrivée du plastique au début du XXe siècle qui entamera son déclin. Aujourd’hui, l’ivoire végétal refait son apparition grâce à quelques associations motivées et l’impulsion des grands créateurs. Ses avantages sont multiples : un produit naturel, des formes uniques, il n’y a pas une graine semblable à l’autre, une alternative esthétique à l’ivoire. Le seul problème : la taille des graines. Il nous parvient en Europe des graines de la taille d’un œuf au maximum ce qui en limite son usage.


Corozo, l'ivoire végétal

Autres substituts de l’ivoire

Il existe d’autres substituts à l’ivoire des défenses d’éléphant : le casque corné du cacatoès, l’os, les résines…Parmi ces dernières : le micarta. C’est un assemblage sous pression et chaleur de résines phénoliques et de papier compacté ou de tissu. On peut trouver du micarta de différentes couleurs, notamment ton ivoire. Cette résine imite le toucher de l’ivoire et en partie son aspect hormis les fentes et les imperfections. Il présente l’avantage d’une grande résistance à la pourriture et à la corrosion.

L’ivoirine est un autre substitut. Il s’agit d’une reconstitution d’ivoire à partir de poudre d’ivoire et de résine. Comme le micarta, son aspect est sans fente et sans structure.

L'os

L’os, généralement de bœuf ou de mouton, est robuste, léger et se prête à toutes les possibilités de façonnage : il peut être scié, tourné, poli et teint. Laissé naturel et poli, il donne un blanc crémeux et peut se substituer à l’ivoire.


jetons de tabletterie en os naturel et teinté

La nacre

C’est un produit calcaire aux reflets irisés secrété par le mollusque du coquillage tout au long de sa vie. Contrairement à la coquille, la nacre se reconstitue lorsqu’elle a été abîmée chez le coquillage vivant. Elle est recherchée dans la confection des boutons et bijoux, dans la tabletterie mais aussi la marqueterie de coffrets et de meubles. On ramollit la nacre dans l’eau bouillante avant de l’aplatir et de la découper. Elle peut être teintée par des colorants organiques. Les premières nacres provenaient de l’huître perlière qui fut remplacée par le troca de Nouvelle Calédonie.


plaques de nacre

La corne

La corne est constituée de kératine et se trouve chez les bovins, caprins et ovins. C'est une matière fragile. Elle est par ailleurs sensible au desséchement et doit être nourrie d’huile ou de graisse pour éviter les fendillements ou les retraits. Matériau traditionnel en coutellerie, les marqueteurs et tabletiers l’ont également utilisée, certaines marqueteries Boulle sont en corne.


diverses cornes de caprins et plaques de cornes

Les bois de cervidés

Les bois de cervidés (cerfs ou chevreuils) sont une production osseuse qui pousse et tombe chaque année. C’est un matériau solide dont la couleur varie du brun au beige clair selon les espèces. Parfois texturés ou très lisses, ils sont essentiellement utilisés dans la coutellerie mais on les retrouve aussi comme ornement des cabinets de curiosités.


piétement en bois de cervidés

Les matières plastiques

Les plastiques sont des polymères dont les matières premières de base peuvent être :
- végétale comme la cellulose tirée du bois ou du coton ; le celluloïd fait partie de cette catégorie de plastique, il s'agit d'un matière plastique artificielle inventée en 1869 par les Américains Wesley et Hyatt. A base camphre, de cellulose et d’alcool, le celluloïd possède de nombreuses qualités : légèreté, solidité, richesse de coloris. Mais il est inflammable. Il peut imiter l’ivoire et l’écaille.
- animale comme la caséine du lait qui associée au formol donne la galalithe ou pierre de lait,
- minérale comme la bakélite composée d’une résine issue du coke transformé en gaz.

Parmi les qualités des matières plastiques on peut citer : la légèreté, la transparence ou l’imperméabilité. La plupart ont vu jour à la fin du XIXe siècle quand l’industrie chimique s’est développée. Celluloïd, ivoirine, acétate de cellulose, bakélite, galalithe, micarta, ébonite, il n’est pas toujours aisé de les différencier des matières naturelles qu’ils imitent : l’ivoire, l’écaille...

Les marbres et autres pierres dures

En ameublement, les marbres ont surtout servi à recouvrir les dessus de meubles (commodes, tables ou consoles) sous forme :

- d’un plateau unique ou bien en façade sur les bahuts de la Renaissance. Les modes font varier les couleurs, sous Louis XIV on aime les marbres colorés comme le Rouge Royal (qui est un marbre campan), le style Louis XVI penchera vers les marbres sobres blanc ou gris…
- ou d’une marqueterie de pierres dures. Ce sont les Italiens qui ont appliqué au mobilier la technique de l’intarsia ou marqueterie de pierres polychromes au XVIe siècle. Les Médicis fondent à Florence une manufacture destinée aux mosaïques de pierres dures. Les plateaux aux motifs géométriques, de paysages, de bouquets ou d’animaux se couvrent de marbre, calcédoine, onyx, jaspe, lapis-lazzuli, agate, bois pétrifié, etc. Ce savoir-faire s’exporte partout en Europe à la cour de Rodolphe II, à la manufacture des Gobelins sous Louis XIV, à Madrid et essaime avec lui le style des marqueteries de pierres dures florentines.


Plateau de table en marqueterie de pierres dures

On considère trois types de gemmes : les pierres précieuses (diamant, émeraude, rubis, saphir, l’alexandrite), les pierres fines (appelées anciennement semi-précieuses qui regroupent les gemmes transparentes non classées dans les pierres précieuses comme le grenat, la topaze, le cristal de roche) et enfin les pierres dures ou ornementales comme l’agate, l’ambre, la calcédoine, le jade, le jaspe, le lapis-lazuli mais aussi le corail et la perle.

Un exemple de pierres dures : le cristal de roche

Le cristal de roche est un quartz le plus souvent incolore et transparent. Il est extrait des gisements des Alpes ou du Brésil. Au Moyen-Age on le retrouve comme éléments décoratifs des reliquaires avec d’autres pierres semi-précieuses. Il a également servi à la réalisation de colonnes dans les architectures des cabinets de la Renaissance.

Le corail, souvent classé dans les pierres dures

Le corail est un animal microscopique qui se ramifie tout au long de sa vie formant avec ses multiples congénères le récif corallien. Sa couleur varie du blanc, au rose, au rouge sombre et jusqu’au noir.
Il évolue tant dans les mers chaudes de la Chine et de l’Indonésie que dans les mers plus froides de la Méditerranée ou au large de la Grande Bretagne.
Depuis l’Antiquité, il est utilisé dans la bijouterie, la tabletterie, la marqueterie et il décore les cabinets les plus somptueux.

 

Réglementation de commerce de certains matériaux (Convention de Washington)

 

Les artisans d'art utilisateurs d'ivoire, d'écaille de tortue, de certains bois exotiques, mais aussi de très nombreux produits dérivés d'autres espèces animales ou végétales sont concernés par les dispositions de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, (également appelée CITES, selon son acronyme anglais ou Convention de Washington).
Entré en vigueur le 1er juillet 1975, cet Accord international réglemente très strictement le commerce des 30 000 espèces inscrites à ses Annexes ainsi que des matériaux qui en sont dérivés selon un "régime à deux vitesses". Néanmoins, contrairement à une opinion couramment admise, l'utilisation de l'ivoire, de l'écaille, du palissandre de Rio n'est pas interdite.
La réglementation internationale (CITES) ou européenne permettent d'utiliser ces matériaux dans la mesure où il s'agit de "matériaux pré-Convention", c'est-à-dire acquis légalement avant que les dispositions de la Convention de Washington ne s'appliquent aux espèces dont ils sont issus.
En France, deux arrêtés interministériels fixant les modalités d'utilisation de l'écaille et de l'ivoire sont venus préciser les modalités suivant lesquelles ces matériaux peuvent être utilisés. Ainsi, est-il donc possible de s'adresser à des artisans d'art pour acquérir auprès d'eux, en toute légalité, des objets confectionnés dans ces matériaux. Seule réserve, les intéressés doivent être titulaires d'une autorisation administrative délivrée conformément aux arrêtés précités.
La Confédération des Métiers et des Utilisateurs des Ressources de la Nature (Comurnat) contribue à la clarification de la réglementation relative à l'utilisation de ces matériaux. Elle se tient à votre disposition si vous souhaitez obtenir de plus amples renseignements sur ce sujet.

Pour en savoir plus :
Confédération des Métiers et des Utilisateurs des Ressources de la Nature (Comurnat)
15, rue de Téhéran / 75008 Paris / tél. : 01 56 59 77 50 / comurnat@fondation-igf.fr

 

Quelques définitions


Boutons d'ameublement
en ébonite avec incrustations de nacre

Marqueterie, incrustation, intarsia

La marqueterie consiste à découper divers matériaux (bois, nacre, écaille, laiton…) en vue de composer un décor sur meuble. En Italie, la marqueterie se nomme intarsia. Plusieurs techniques plus ou moins complexes s’offrent à l’ébéniste :
- l’incrustation dans la masse ; c’est le plus vieux procédé de marqueterie déjà présent sous l’Antiquité égyptienne. Il s’agit de creuser dans le support des cavités qui seront comblées d’éléments découpés, collés et affleurés.
- dans la technique Boulle, les placages sont superposés en un seul paquet afin de découper l’ensemble en une seule opération. Cette technique présente l’avantage d’obtenir facilement la partie « positive » et « négative » du motif mais limite également le type du motif.
- la marqueterie par paquets séparés, appelée aussi élément par élément, consiste à découper chaque partie (élément et fond) en deux temps. Cela nécessite une grande précision. Elle offre un champ créatif plus vaste.
- la marqueterie en bloc est utilisée pour la fabrication des filets de marqueterie aux motifs géométriques ; le principe consiste à coller puis à scier en bloc de fines lamelles, futurs filets.
- le frisage permet de réaliser des jeux de surfaces géométriques (cubes, chevrons, losange…), la direction du veinage au niveau des joints de chaque élément soulignant l’effet décoratif.

Pierres dures ou technique de pietra dura

Au début de la marqueterie florentine on utilisait des galets de l’Arno à Florence (là où la première manufacture de pietra dura fut créée. Avec le raffinement de la cour des Médicis, on remplaça par des pierres dures comme : marbre, lapis-lazuli, la malachite, jaspe, agate… ainsi que le corail ou la nacre. Il existe deux techniques pour ce travail de marqueterie florentine :
- la technique commessi : les éléments de pierres dures sont découpés, assemblés puis fixés en contre parement sur un support de marbre,
- la technique intarsia : les éléments de pierres dures sont découpés puis ajustés dans des cavités évidées dans une plaque de marbre. Il s’agit d’une incrustation.

 

Livres à lire

 

La Marqueterie de Paille : Edition bilingue français-anglais
La Marqueterie de Paille
de Lison de Caunes, Catherine Baumgartner, Editions Vial bilingue français-anglais, 2004, 236 pages
" La rencontre d'un matériau pauvre, la paille, et d'une technique exigeante, la marqueterie, a produit depuis le 17e siècle aussi bien des ouvrages modestes que des chefs-d'œuvre. Cette production constitue un patrimoine longtemps négligé. Des meubles, des tableaux et des boîtes de toutes sortes ont été fabriqués, dans plusieurs pays d'Europe non seulement par des artisans qui travaillaient dans leurs ateliers, mais aussi par des religieux et religieuses dans certains couvents, par des pauvres hébergés dans des hospices et par des prisonniers. Beaucoup sont des objets précieux et raffinés où se retrouvent les thèmes et décors utilisés par les autres artisans, brodeurs, ébénistes et orfèvres. Tombée dans l'oubli vers la fin du 19e siècle, la marqueterie de paille a été redécouverte en France vers 1925, grâce notamment à André Groult et Jean-Michel Frank. Jean Royère en couvrit des meubles dans les années 50. De nos jours, quelques grands décorateurs comme Jacques Grange ou Peter Marino aux Etats-Unis utilisent les revêtements de paille sur des murs et sur du mobilier. "

Ivoires du musée du Louvre : 1480-1850, une collection inédite
Ivoires du Musée du Louvre : 1480-1850, une collection inédite
de Philippe Malgouvres, Pierre Ickowicz, Editions Somogy, 2005, 183 pages
Des prémices de la Renaissance au Romantisme, une soixantaine d'ivoires du musée du Louvre permet d'évoquer la foisonnante richesse de l'ivoirerie européenne. Ces œuvres peu connues ou totalement inédites sont réunies et exposées ensemble pour la première fois, au Château-Musée de Dieppe qui possède l'une des grandes collections d'ivoires en Europe. Ce dialogue entre les collections nationales et les richesses dieppoises est aussi l'occasion de publier ces chefs-d'œuvre méconnus, pour marier la délectation de l'amateur au plaisir de la découverte.

La marqueterie de pierres dures
La marqueterie de pierres dures
de Annamaria Giusti, Jean-Philippe Follet, Editions Citadelles & Mazenod, 2005, 263 pages
De l'histoire fort ancienne des pierres dures se détache un phénomène artistique bien particulier dont ce livre retrace la fascinante aventure. Le phénomène est l'intarsio ou marqueterie de pierres polychromes qui refait surface à Rome, au XVIe siècle, dans le cadre de la généreuse floraison de la Renaissance italienne. Rome, où l'art tire alors son inspiration du culte des modèles de l'Antiquité, s'engoue pour le pouvoir évocateur du vert de Thessalie, de la brèche de l'île de Skyros et du porphyre rouge impérial. Les plateaux de table se couvrent de pierres, serties dans d'étroits lisérés de menues corolles ou incrustées dans un ovale d'albâtre opalescent. De Rome, la marqueterie de pierres gagne ensuite Florence : les Médicis y fondent, dès 1588, une prestigieuse manufacture dédiée aux mosaïques de pierres dures ou commessi. On y utilise corail, grenat, saphir, lapis lazuli, jaspe, etc. La manufacture brillera trois siècles durant, grâce à la virtuosité des meilleurs spécialistes, provenant pour certains d'entre eux des ateliers milanais dont tous les collectionneurs de l'époque s'accordaient à reconnaître la suprématie. D'autres manufactures ouvrent leurs portes à Prague, à la cour de Rodolphe II de Habsbourg et aux Gobelins du Roi-Soleil, avant d'essaimer dans les royaumes des Bourbon, à Naples et à Madrid. S'élabore ainsi, avec une imagination intarissable, un langage international de la " mosaïque florentine ", capable de créer, dans le domaine des arts décoratifs, des œuvres d'une beauté absolue, des chefs-d'œuvre dont les derniers feux rayonnent jusque dans le siècle qui voit le déclin des cours royales. Cet ouvrage unique fait un tour d'horizon des plus belles réalisations de la marqueterie de pierres dures.

Identification des marbres
Identification des marbres
de Jacques Dubarry de Lasalle, Editions Vial, 2000, 303 pages

Utilisation des marbres
L’utilisation des marbres
de Jacques Dubarry de Lassalle, Sylvie Barco et Vincent Cochet, Editions Vial, 2005, 303 pages
Ancien Maître Ebéniste membre de la Compagnie des Experts Judiciaires de la Cour d'Appel d'Agen. Membre correspondant de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés Intervenant à l'Institut du Patrimoine. Passionné par le marbre depuis de longues années, il a réuni une grande quantité d'échantillon. Il a fait don de sa collection personnelle pour la création du Musée du Marbre de la ville de Bagnère-de-Bigorre, Hautes Pyrenées.

L'écaille. Edition 1997, bilingue Français-Anglais
L’écaille
de Lison de Caunes, Jacques Morabito, Editions Vial bilingue français-anglais, 1997, 84 pages

Style Louis XIII
Le style Louis XIII
de Stéphane Castellucio, Editions de l’Amateur, 2002, 144 pages
60 illustrations couleurs. Ce premier volume de la collection "des Styles" s'attache à la période du règne de Louis XIII, c'est-à-dire plus précisément à la période qui court de 1610 à 1643, mais en déborde aussi légèrement par la rareté des exemples subsistants.

Style Louis XIV
Le style Louis XIV
de Calin Gelu Demetrescu, Editions de l’Amateur, 2005, 160 pages
Le règne personnel de Louis XIV (1661-1715) correspond à l'une des époques les plus fertiles de l'histoire de l'art, et à l'essor sans précédent des arts décoratifs en France. L'élaboration d'un langage artistique cohérent, en harmonie avec la volonté de représentation du monarque trouve sa matérialisation tant dans les grands programmes architecturaux que dans l'épanouissement des arts somptuaires, appelés à compléter l'ensemble du monument. La création de la Manufacture des Gobelins, dès 1662, jouera un rôle déterminant dans ce renouveau.
Véritable creuset où se rejoignent des artisans d'horizons différents (tisserands, peintres et graveurs français ou flamands, ébénistes, sculpteurs ou lapidaires italiens), l'apport des Gobelins sera décisif pour l'élaboration du premier style décoratif louis-quatorzien. La préoccupation constante pour l'ameublement des demeures royales ou des hôtels parisiens constitue le moteur essentiel du développement de l'artisanat de luxe en France, à partir de 1665. Les ornemanistes (les Marot, Berain ou Audran), ou les ébénistes logés aux galeries du Louvre (A.-C. Boulle, J.-A. Oppenord), ceux du Garde-Meuble de la Couronne (P. Gole, C. Campe ou les Gaudron), enfin les nombreux ateliers du faubourg Saint-Antoine y participent activement. Les menuisiers et les sculpteurs sur bois jouèrent à leur tour un rôle essentiel dans la perfection du décor intérieur des demeures de l'époque. Confrontés aux difficultés de la fin du règne et au ralentissement de la commande officielle, tous ces corps de métiers sauront pourtant trouver, au début du XVIIIe siècle, les ressources conduisant au renouveau du style et au passage.

 

Visites à faire et sites à voir

 

Musée de la Nacre et de la Tabletterie de Méru
« De la matière brute (nacre, os, ébène) à l’objet fini (monture d’éventail, dominos, boutons), le tabletier effectue un nombre considérable d’opérations de fabrication délicates à exécuter et nécessitant une grande habileté manuelle.
L’une des principales originalités du musée réside dans la reconstitution de véritables ateliers de production… »
51, rue Roger Salengro, 60110 Méru
14h30-18h30 sauf le mardi
Tél : 03 44 22 61 74

Château Musée du Vieux Dieppe, cité de l’ivoire
« Pendant plus de trois siècles, Dieppe fut en France le principal centre de travail de l'ivoire. Son château-musée expose plus d'un millier d'objets datant du XVIe au XXe siècle. Sans doute la plus belle collection d'Europe… Le port normand vit très tôt importer "de telles quantités de morphi (ou ivoire), que cela donna aux Dieppois le coeur d'y travailler". En 1628, les navires de laCompagnie du Sénégal, dotée de privilèges par Richelieu, faisaient escale sur la côte de Guinée, d'où ils rapportaient l'or, la malaguette (le poivre) et l'ivoire d'éléphant. »
Rue de Chastes, 76200 DIEPPE
Tél : 02.35.06.61.99

Opificio e Museo delle Pietre dure
Musée de la pierre dure à Florence

Le site de l’atelier Pietra-Dura-Studio
« Les studios de la pierre dure sont une section indépendante des établissements La Pendule à Stolberg, ville de Rhénanie, proche de la ville impériale d’Aix-la-Chapelle.
Nous sommes Hans et Gerlinde Eichler. Nous sommes un couple de collectionneurs passionné, qui s’est donné pour but de faire sortir de l’oubli, l’artisanat de la pierre dure. En vous faisant découvrir les merveilleuses créations de pierre dure, nous espérons ainsi lui relancer son rayonnement artistique et économique.
Toutes les personnes intéressées peuvent visiter notre exposition permanente… »

Musée du marbre
Ce musée présente une galerie rénovée de cabines et baignoires de marbre. Il est né de la passion de Jacques Dubarry de Lassalle. Ce collectionneur a réuni une superbe collection de marbres européens : 320 origines parmi lesquelles une centaine illustre les carrières pyrénéennes... Atelier de marbrier, outils, photos de carrières, carriers, nous remémorent le travail du marbre.
Anciens Thermes de Salut
65200 Bagnères-de-Bigorre
Tel : 05 62 91 07 26 ou 05 62 91 12 05
De mai à octobre ouvert du mercredi au dimanche de 15H à 18H.
De novembre à avril, ouvert au public le mercredi et le dimanche de 15H à 18H.

 

   

 

 


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