La petite histoire de l'Armoire

céline dubord
par 
Céline Dubord
Ebéniste diplômée en techniques des métiers d’art
Présidente de l’
Institut Québécois d’Ebénisterie

 

 

De l’antiquité au Moyen-Âge



Armoire d’Aubazine
Un des plus vieux exemples d’armoire. Les premières armoires étaient construites comme un coffre en bâti épais dont la consolidation des panneaux était assurée par des éléments de fer forgé. L’armoire d’Aubazine (Corrèze) est en fait une armoire à objets liturgiques du XIIe siècle.

Le mobilier ne date pas d’hier, il remonte à la préhistoire au moment où l’être humain devient sédentaire. L’art mésopotamien, qui date de –6000 à –600 avant J.C., a permis la création de la roue. Ce qui laisse supposer que les mésopotamiens ont peut être utilisé le tour à bois. En ébénisterie, ils ont participé au développement des techniques d’assemblages à joint vif, à mi-bois et à queue d’aronde. Leurs meubles étaient fabriqués en bois, en métal et en roseau.

L’art égyptien, qui remonte à – 6000 à – 1000 avant J.C., élabora la technique de placage et de trompe l’œil pour donner l’impression d’un autre matériau. Le bois des meubles était souvent recouvert de feuilles d’or. Les motifs ornementaux privilégiés de l’époque étaient végétaux et animaliers. Le type d’assemblage utilisé était : la queue d’aronde, l'onglet à tenon, l'onglet à double tenon, à mi-bois, le joint plat fixé par chevilles. Les bois utilisés étaient  l'acacia, le sycomore, le cèdre, l'olivier, l'ébène. Ils n’utilisaient pas le bois tourné.
Le lien que l’on peut établir entre l’art mésopotamien et l’art égyptien est au niveau de l’outillage et du mobilier. Tous les deux utilisèrent la hache, la scie égoïne et la gouge et fabriquaient des trônes, tabourets, marche-pieds et tribunes.

Durant tout le Moyen-Âge, des rapports étroits existaient entre le mobilier de maison et le mobilier religieux. Les coffres comme les sièges offraient de grandes ressemblances. L’emploi presque exclusif du chêne est une des caractéristiques dominantes de cette période. Les lignes essentielles de la structure déterminaient l’aspect général des meubles et les formes étaient d’influence architecturale.

 

L’armorium


 

C’est à cette époque que l’on voit apparaître l’armorium ; un meuble romain avec des étagères intérieures, fermé par deux vantaux situés sur sa façade. Ce meuble est directement l’ancêtre de l’armoire actuelle. L’armorium était utilisé pour ranger les tissus et les vêtements.

En ayant explicitement recours à des éléments tels que les chapiteaux, les pilastres, les frises ou les linteaux, l’armoire, plus que tout autre, est le meuble le plus riche en références architecturales. Son aspect est imposant et sa base ample ; dans la partie inférieure sont souvent logés des tiroirs, tandis que celle du haut est fermée par deux battants de forme équarrie, parfois marquetés. Tout à fait en haut, un riche cadre saillant ferme l’ensemble lui conférant ainsi un aspect majestueux. 

L’armoire en Europe


 

Évolution directe de l’armorium romain, l’armoire du Moyen-âge est largement utilisée dans les couvents et les églises, caractérisant ainsi les sacristies. Ce n’est qu’au XVe siècle qu’elle intègre le mobilier de maison, où dans une version de dimensions réduites par rapport à celles d’origine, elle vient remplacer les coffres pour le rangement des vêtements.

Dans les premières décennies du XVe siècle, une nouvelle variété d’armoire fait son apparition : aux côtés du modèle traditionnel comportant un seul grand espace de rangement clos par deux battants, se répand également une armoire à deux corps superposés, munie de quatre vantaux. La sortie de ce nouveau modèle souligne l’importance de la diffusion de ce meuble (appelé Schrank en Allemagne), que l’on adapte aux besoins des uns et des autres. Cette version à deux corps sera à l’origine de toute une série de meubles-contenants se superposant les uns aux autres, qui vont se déployer au cours des époques suivantes.

Dans les maisons flamandes, l’armoire, appelée Kast, compte parmi les meubles les plus importants; l’appellation de Kast est cependant un nom commun, car elle indique des meubles-contenants variant du cabinet au buffet.

En Espagne, l’armoire est encore très influencée par le style mudéjar, avec des portes décorées de plusieurs panneaux et sculptées d’arabesques; lorsque le meuble se détache en deux parties, les battants du haut peuvent comporter des grillages ou des arcades avec des petits piliers réalisés au tour.

À la fin du XVIIe siècle et début du XVIIIe siècle, il y a une vague de prospérité. L'architecte se charge des questions de décoration intérieure. Il doit créer un cadre équilibré et somptueux destiné à augmenter la splendeur royale et la grandeur personnelle. Le mobilier devient un élément décoratif fondamental sans aucune fonction pratique. Même les sièges, le long des murs des salles d'apparat, jouent essentiellement un rôle décoratif.

À côté des modèles les plus simples, dont les dimensions relativement modestes sont déterminées par l’emplacement dans les pièces où ils siègent, la production des armoires à deux corps se poursuit. La partie inférieure est souvent équipée de tiroirs. Les vantaux sont parfois décorés de glaces rondes, rectangulaires ou carrées ou, s’inspirant de modèles allemands, la décoration est constituée d’un bossage en pointe de diamant. Les arêtes peuvent comprendre des pilastres ou bien des colonnes de différents types, tandis que la partie supérieure peut être ornée d’un fronton avec un cadre saillant très décoré. Les piétements sont soit en forme d’oignon (Pays-Bas, Allemagne) soit à console ou en pattes de lion.

 

Au grand siècle du roi Soleil



Armoire en noyer de la fin du XVIIe siècle au motif en pointe de diamant, pied en boule

D’une manière générale, les caractéristiques du mobilier Louis XIII demeurent vivaces et l’influence prononcée du goût italien assure le succès dominant des meubles plaqués d’ébène, incrustés de bois précieux ou de pierres rares.

À l’image de l’ensemble des arts décoratifs, le mobilier est placé sous la tutelle de la Manufacture royale des meubles de la Couronne fixée aux Gobelins avec à sa tête Le Brun. Ce dernier insuffle un style homogène encore fortement marqué par la surcharge italienne, régi par l’ampleur des lignes et un sens rigoureux de l’ordre et de la symétrie.

À partir des années 1675-1680, André-Charles Boulle (1642-1732) porte à son degré de perfection la marqueterie de cuivre et d’écaille, auxquels s’ajoutent parfois l’étain, l’ivoire, la corne et le nacre. Dans ses meubles, cet ébéniste associe deux types de composition : la marqueterie en première partie, où le décor de cuivre joue sur un fond en écaille, et la marqueterie en contrepartie, où le décor en écaille joue sur un fond en cuivre. Boulle, le premier, adapte au mobilier des garnitures de bronze ciselé et doré, au rôle décoratif essentiel.

Vers la fin du XVIIe siècle, l’armoire subit en France une transformation radicale. La traditionnelle structure architecturale enrichie d’éléments moulurés et sculptés trépasse, au profit d’une apparence générale plus raffinée qui s'agrémente d’incrustations de marqueteries précieuses.

André-Charles Boulle est le principal artisan de ce changement radical qu’il met en œuvre grâce à ses talents d’ébéniste et de marqueteur. Ailleurs en Europe, les armoires continuent de se présenter sous une forme architecturale traditionnelle, caractérisée par des colonnes, panneaux et moulures, comme en Allemagne et en Hollande. Parmi les modèles italiens, on note des armoires peintes, parfois en trompe-l’œil.

 

À l’époque du Rococo



Thomas Chippendale Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle anglais, il propagea le style chinois dans le mobilier. Chaque porte est décorée d'un paysage en laque semblable aux estampes chinoises.

En Angleterre, en raison de sa taille généralement importante et massive, l’armoire est parfois remplacée par un placard s’intégrant aux boiseries des parois. Lorsqu’il se trouve à l’un des angles de la pièce, il est appelé corner cupboard.

Vers le milieu du siècle, Thomas Chippendale imagine une armoire à deux corps – celui du haut fermé par des vantaux et celui du bas comportant plusieurs tiroirs se distinguant par sa ligne sinueuse.

Aux Pays-Bas, l’armoire de représentation se compose également de deux parties, dont la base qui comporte un ou plusieurs tiroirs interpelle la forme du cabinet.

En France, la construction de petites armoires, d’une hauteur d’environ un mètre, décorées de marqueteries et de bronzes dorés s’adaptent parfaitement aux petites pièces en accompagnement des commodes. Les modèles les plus imposants, y compris les armoires d’encoignure, peuvent être peints ou demeurer d’aspect plus simple, et de ce fait être consacrés au rangement des vêtements.

 

À l’âge du Néo-classicisme



Armoire arlésienne avec une division des portes en trois panneaux moulurés de style Louis XV, une des caractéristiques des armoires de cette région est la longue entrée de serrure

L’armoire, autrefois massive et encombrante diminue ses dimensions et vient meubler les plus petites pièces des appartements privés. Elle modifie parfois sa fonction en s’enrichissant d’une vitrine à deux corps qui peut abriter des objets précieux. À la place du verre, les vantaux peuvent être équipés d’un léger treillis de laiton. Par contre, l’Angleterre de l’époque, apprécie notamment les wardrobes, les armoires destinées au rangement des vêtements.

À cette même époque, Venise acquiert une grande notoriété pour sa production de meubles laqués. La laque, gomme-résine originaire d’Extrême-Orient, nécessite une technique d’application particulièrement délicate. Le support est d’abord enduit d’une couche parfaitement uniforme. La personne qui procède au laquage exécute ensuite, sur ce fond lisse, des motifs décoratifs de diverses couleurs : animaux, fleurs, chinoiseries, à la tempera. Finalement, les effets de transparence surviennent par l’application successive de nombreuses couches de laque (plus de 15), qu’il faut laisser sécher et polir soigneusement au fur et à mesure qu’elles sont appliquées. Les laques vénitiennes d’origine présentent des craquelures tout à fait analogues à celles que l’on retrouve sur les tableaux anciens des arts visuels.

L’une des composantes les plus caractéristiques de la production génoise du XVIIIe siècle est le mobilier en laque. La technique utilisée diffère sensiblement de celle alors utilisée à Venise. Le laquage préparatoire est plus fin et laisse transparaître les veines du bois. Le vernis de finition, a, pour sa part, beaucoup moins d’épaisseur. La couleur de base est claire (blanc, bleu pâle, rose), et la décoration est généralement à dominante bleue.

Comme mentionné précédemment, entre 1750 et 1800 la construction du mobilier est confiée principalement aux menuisiers et ébénistes; autour d’eux gravite tout un ensemble de corps de métiers et d’artisans, tels que les tapissiers, les chantourneurs, les bronziers et les doreurs, qui grâce à leurs compétences hautement spécialisées, contribuent grandement au résultat final.

Pour la fabrication des structures, les menuisiers choisissent des essences de bois de plus en plus précieuses; en effet, si d’une part, les parties structurelles laissées apparentes se font plus nombreuses, d’autre part, la finesse des nouvelles lignes du mobilier nécessite des matériaux de première qualité, afin de ne rien perdre en solidité. Les essences les plus répandues sont le noyer et l’acajou, que l’on laisse à l’état naturel, le hêtre, peint ou doré, le chêne, pour les armoires et les meubles de taille imposante ou bien encore le poirier, l’orme, l’olivier et le cerisier. Lorsque le bois n’est pas laissé dans sa teinte naturelle, le décorateur procède à la dorure (ou à l’argenture) et enfin au vernissage qui se fait avec une ou deux couleurs, blanc seulement ou bien blanc et bleu ou encore vert et bleu, en fonction de l’environnement dans lequel le meuble sera placé.

 

Dans la première moitié du XIXe siècle


 

La société subit des changements structurels radicaux, en lien avec les progrès technologiques et industriels qui déterminent une crise profonde au sein d’une économie jusque-là fondée exclusivement sur le travail manuel. Les artisans sont de moins en moins capables de réaliser des meubles avec les techniques artisanales traditionnelles en demeurant concurrentiels sur le plan du prix de revient. La production en série, réalisée à l’aide de machines de plus en plus perfectionnées, a tendance à banaliser l’aspect créatif, ayant comme seule préoccupation la technique de construction et le rythme de production. Cela empêchera la création de produits et de formes nouvelles. La mode des meubles reconstruits fait son apparition. Il s’agit de meuble dont le bâti est ancien pour lequel des essences claires (érable, citronnier et cerisier)  sont utilisées pour le fond, où est appliquée une marqueterie de couleur contrastée, généralement en bois d’amarante.

Durant la première moitié du XIXe siècle, sous l’influence du romantisme, qui remet le Moyen Âge au goût du jour, et du mouvement néogothique, très suivi en Angleterre, on commence à voir apparaître des motifs décoratifs s’inspirant de l’architecture médiévale. Parallèlement à cet engouement néogothique se manifeste une résurgence de la décoration baroque qui donne lieu, à Florence et plus encore à Naples, à une production d’une remarquable virtuosité. Cette période correspond, en France aux règnes de Louis-Philippe et de Napoléon III. En Italie, un incroyable amalgame de styles se développe, avec notamment un regain d’intérêt pour le Louis XVI et, à partir de 1860, pour l’exotisme (laques noires et incrustations de nacre). Dans le dernier quart du siècle, on assiste à une brillante floraison de mobiliers de style Renaissance. À Florence, en particulier, on produit pour la riche bourgeoisie des meubles d’une grande habileté technique. L’exposition internationale de Londres en 1851 reflète un éclectisme qui imprègne tous les secteurs artistiques. Si dans son ensemble et selon une opinion largement partagée la réputation de l’éclectisme est plutôt négative, le goût de l’excès et l’exigence d’aller jusqu’au bout des choses ont produit des meubles souvent singuliers, laids parfois, mais néanmoins empreints d’un goût pour l’aventure tout à fait unique.

 

Meubles Second Empire 


 

La fonctionnalité des meubles connaît de nombreux perfectionnements. Les proportions des meubles sont nettement adaptées à leur usage. La réduction progressive de la taille des appartements urbains incite les fabricants à proposer des meubles multifonctions de plus en plus sophistiqués. L’armoire est souvent équipée de deux glaces – parfois trois – au lieu d’une, pour offrir une image plus complète de soi.

Le mobilier de Second Empire est une période essentielle dans l’évolution du mobilier français. L’obsession des fabricants français est de maintenir ou de rehausser la réputation internationale du faubourg Saint-Antoine. En parvenant à une exceptionnelle qualité de fabrication obtenue dans une infinie variété de techniques et de décors, ils font face autant à la concurrence anglaise qu'ils servent les exigences de la clientèle. D’une façon générale le caractère fastueux domine dans l’ensemble de la production de mobilier : formes généreuses, décor riche et couleurs franches. Non seulement les meubles sont souvent énormes, mais encore les ornements prennent une importance nouvelle ; ils sont omniprésents et laissent peu de place au vide.

 

Les cinquante premières années du XXe siècle


 

Les meubles se transforment plus profondément et plus radicalement qu’au cours des autres périodes de l’histoire. D’innombrables facteurs sont conjointement responsables de cette transmutation rapide : la sophistication des technologies, le développement de nouveaux matériaux, la primauté de l’architecture et du design, etc. L’accent est mis sur la recherche et l’expérimentation en vue de produire industriellement un mobilier de série désormais accepté. Par l’emploi des structures métalliques et du verre, le mobilier devient de plus en plus léger, de plus en plus transparent.

L’armoire, qui n’a plus le premier rôle dans la pièce est souvent intégrée aux murs (placards) et sa présence dissimulée n’est révélée que par ses portes peintes ou décorées. La forme se rationalise et devient géométrique, mais l’attention des designers se concentre en particulier sur la fonctionnalité de l’intérieur où compartiments et tiroirs sont étudiés par rapport à ce qu’ils doivent accueillir et en fonction de besoins réels. 

 

La naissance du Design


 

Vers la fin du XIXe siècle, à peu près partout en Europe, se manifeste la volonté de tirer un trait sur l’académisme qui pèse sur l’art. Les arts décoratifs se libèrent des influences du passé. Les architectes sont les premiers à ressentir cette aspiration à un renouvellement de l’environnement de la vie quotidienne. Les édifices qu’ils construisent, s’inspirent des conceptions les plus modernes de confort et de fonctionnalité. Les décorations d’intérieurs et l’ameublement doivent donc être apparentées.

 

Modernisme et Postmodernisme


 

La symbolique ou le statut social de l’objet a désormais beaucoup plus d’importance que sa fonction réelle. La demande frénétique de nouveautés de la part du public contraint quelque fois à puiser dans les formes du passé en privilégiant les solutions technologiques, parfois au détriment des solutions formelles. En ce qui a trait à l’armoire, même si la logique de sa fonction l’a toujours voulu pratique, rationnelle et plus ou moins expressive, elle cherche à sortir des limites étroites dans lesquelles l’avait confinée l’usage, tout en veillant à ne pas nuire à ses qualités propres. On assiste à la naissance d’armoires de ligne moderne qui ne veulent ni s’intégrer ni disparaître, mais revendiquer, avec assurance, un droit de citer mérité par une présence utile ou simplement, nous raconter une histoire…

 

Bibliographie

Etude des styles du mobilier
Etude des styles du mobilier
André Aussel et Charles Barjonet, Edition Dunod, 1985, 173 pages
Petit livre d'initiation destiné à un large public, autant que manuel pour les sections (ameublement) des établissements techniques, cet ouvrage a pour ambition de faire comprendre aisément l'évolution des styles du mobilier, depuis son apparition dans l'Antiquité jusqu'à nos jours.

Histoire du mobilier
Histoire du mobilier
Edward Lucie-Smith, Edition Thames & Hudson, 1990, 215 pages
Histoire du meuble, de la préhistoire au post-moderne.

Les styles du mobilier
Les styles du mobilier
Ernst Rettelbusch, Edition Eyrolles, 2000, 303 pages

Les Styles français. Guide historique
Les styles Français. Guide historique
Jean-François BARRIELLE, Flammarion, 1998, 446 pages
Présentation chronologique, de la Renaissance à l'art déco, des oeuvres élaborées dans le domaine de l'architecture, du mobilier et des arts décoratifs.

Le mobilier domestique, tome 1 : Vocabulaire typologique
Le mobilier domestique, tome 1 : vocabulaire typologique
Nicole de Reynies, Edition Monum, 1992, 673 pages
Ouvrage indispensable pour tous les brocanteurs et antiquaires, car il y est répertorié pratiquement tout le mobilier connu à ce jour.

 

   

 

 


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